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Comment la loi Bachelot est perçue dans les Alpes du Sud ?
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Aujourd'hui, les blouses blanches défilent "contre la transformation de l'hôpital en entreprise". Comprendre : contre le projet de loi Hôpital, patients, santé, territoire (HPST) dit "loi Bachelot", examinée depuis mardi au Sénat. Cette énième réforme de l'hôpital suscite des opposants jusque dans la majorité. Lundi, le Président a fait des concessions en direction des médecins. Mais n'a pas calmé les inquiétudes sur les effectifs. Retour sur un dossier complexe et sensible.
QUE DIT LA LOI BACHELOT ?
Chaque hôpital sera dirigé par un "patron" unique, gestionnaire. La répartition des médecins sur le territoire sera régulée via, notamment, un numerus clausus aux concours et des pénalités financières aux médecins en zone dense qui n'aident pas leurs collègues en désert médical.
Des "agences régionales de santé" coordonneront l'offre de soins publique et privée sur chaque territoire. Des "communautés hospitalières" regrouperont des hôpitaux pour des économies.
QUELLES SONT LES CRITIQUES ?
Les médecins refusent l'idée d'un patron tout puissant jugé sur ses résultats financiers plutôt que médicaux. Ils
dénoncent une gestion toujours plus calquée sur le privé (la tarification à l'acte, les suppressions d'emplois...) Pour eux, c'est le manque de financements public, qui creuse le déficit, pas le manque d'organisation.
QUELS AJUSTEMENTS ?
Remanié par les sénateurs, le projet de loi adopté en mars par les députés, sera amendé. Les établissements auront une direction collégiale. Le président du directoire, nommé en conseil des ministres, sera assisté de trois vice-présidents issus de la recherche, des soins et de l'enseignement. Les médecins seront plus présents sur les nominations et le projet médical.
QUELS POINTS DE DÉSACCORD SUBSISTENT ?
Le directeur conserve le dernier mot. La ministre veut rétablir les pénalités financières en zone surdotée. Sur les effectifs, elle affirme qu'ils augmenteront cette année, alors que les médecins estiment qu'ils diminueront de 20 000 postes. Ils contestent aussi l'alignement (reporté à 2018) des tarifs facturés à la Sécu par les hôpitaux sur ceux des cliniques, plus bas. Motif : leur mission de service public. Enfin, ils réclament la levée de la procédure d'urgence parlementaire, pour un vrai débat à l'Assemblée.
QUI DÉFILE AUJOURD'HUI ?
Onze organisations syndicales (médecins, infirmiers, aides-soignants) ont appelé à la grève. Les médecins libéraux feront des soins gratuits ou fermeront leur cabinet. La mobilisation devrait être forte : le 28 avril, 8 000 à 10 000 personnes manifestaient à Paris. Dont des chefs de service réputés comme le Professeur Lantieri qui a réalisé trois greffes de visage.
ET LE PATIENT DANS TOUT ÇA ?
Il est "au cœur du système" pour Roselyne Bachelot. Sa loi répartit mieux l'offre de santé, améliore l'accès aux urgences, combat les refus de soin, améliore la prévention auprès des malades chroniques et des jeunes (interdiction de vente d'alcool et de cigarettes bonbon).
Pour ses opposants, la réforme place la gestion avant la santé, au détriment des malades, notamment ceux qui souffrent de pathologies lourdes... Y compris sur le plan financier.
La journée d'action relayée à Gap : "Encore et toujours" mobilisés
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| Aujourd'hui est donc prévue, partout en France, une journée d'action des "blouses blanches" : des médecins, infirmiers et aides-soignantes rediront leur opposition au projet de la loi dite "Bachelot". Dans les Hautes-Alpes, l'appel vient des syndicats FO, CGT et Sud, qui se disent "encore et toujours contre cette loi". La mobilisation, en effet, ne date pas d'hier. Dans un appel commun, à la grève, au rassemblement et à la manifestation, les syndicats précisent de nouveau leurs craintes quant à cette loi. Celle-ci a, selon eux, pour finalité de : "détériorer la qualité des soins, détruire les services publics au détriment des établissements privés à but lucratif, détruire le médico-social actuel et la qualité des prises en charge, tirer vers le bas les soins faits aux personnes âgées, supprimer des emplois, renforcer le déficit des établissements"... Et de donner rendez-vous pour le rassemblement de ce matin, à 10 h 30. « L'après-midi, explique pour la CGT Valérie Clément, on monte également une chaîne humaine sur l'esplanade de l'hôpital, dès 14 h. Chaque maillon portera un message ». |