au Centre Social
| Février 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | ||||||||
|
||||||||||
Rencontre à Die des hôpitaux de proximité
Michel Antony : « Les élus ne peuvent plus nier la réalité »
Ce sont leurs 13e rencontres. Les comités de défense des hôpitaux de proximité se retrouvent demain à Die, dans la Drôme. Pour Michel Antony, président de leur Coordination nationale, les menaces de fermeture dépassent désormais largement le cercle des petits établissements ruraux isolés.
LE QUOTIDIEN – Vous organisez demain une 13e édition de vos rencontres nationales. La problématique des hôpitaux de proximité a-t-elle changé depuis que vous avez investi ce sujet ?
MICHEL ANTONY – Hélas non. La loi Bachelot n’est pour nous que la pointe d’un iceberg vieux de quinze, vingt ans. Moi-même, je suis président d’un comité créé en… 1982 pour défendre une maternité de proximité ! L’idéologie dominante, non seulement n’a pas changé, mais on continue à l’appliquer sans tenir compte de l’acquis historique. Les effets nocifs des fusions ou des regroupements d’hôpitaux ont beau avoir été démontrés – cela n’apporte rien au niveau budgétaire, on fait un peu d’économie au plan administratif, l’accès aux soins régresse et on contribue à la désertification de certains territoires –, la loi HPST [Hôpital, patients, santé et territoires] accélère le mouvement et simplifie, avec le pouvoir donné aux ARS [agences régionales de santé] et les futures communautés hospitalières de territoire, la manière de procéder pour restructurer.
À quoi ressemble aujourd’hui votre Coordination, qui représentez-vous ?
Nous rassemblons des comités militants qui, par définition, évoluent. En gros, notre noyau dur est constitué d’une centaine de collectifs. On touche entre 250 et 300 localités ou sites hospitaliers. Quand nous avons fondé la Coordination à Saint-Affrique en 2004, nous l’avons fait avec des comités qui existaient depuis vingt ans. Nous étions alors une quarantaine. Depuis la loi Bachelot, nous enregistrons de nouvelles recrues. Et si au démarrage, nous avions une étiquette de « localisme » – je défendais, par exemple, la « Franche-Comté profonde » –, aujourd’hui, ce n’est plus le cas. La région parisienne nous a rejoints (Ivry, Juvisy…), de grandes villes comme Bordeaux sont très actives. Le cas de la maternité de Saint-Antoine, à Paris, est assez emblématique. Il montre que si les menaces de fermeture ont touché d’abord les hôpitaux de proximité isolés, elles touchent maintenant les CHU. Le problème à Saint-Antoine est le même qu’à Valréas : à la campagne comme à Paris, les gens ont besoin d’une structure proche de chez eux.
Avez-vous eu le sentiment que la question des soins de proximité a été bien relayée par les parlementaires dans le cadre, notamment, de l’examen du PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale) ?
Les élus locaux ne peuvent plus nier la réalité de terrain. Ils entendent les usagers qui râlent, ils savent que des femmes accouchent sur le bord de la route. En 1998, le premier Livre blanc de l’APVF [Association des petites villes de France] sur les hôpitaux émanait d’une poignée de convaincus. Aujourd’hui, le phénomène est patent. Tous les départements voient augmenter l’activité des pompiers, certains s’interrogent sur l’achat d’un hélicoptère… Les parlementaires ont une conscience plus forte du problème, le débat public est plus riche.
Mais cette prise de conscience est une chose, le débat budgétaire en est une autre. Je connais des élus d’une très grande fermeté dans leur circonscription sur la défense des hôpitaux de proximité qui ont quand même voté la loi HPST.
Que représente pour vous l’affaire de Valréas, dans le Vaucluse, où la maternité, fermée par la ministre, a finalement rouvert sur décision de justice ?
Un gros espoir. L’affaire reste à juger au fond mais les défenseurs de la maternité (les personnels du secteur, les élus, les usagers et des professions locales comme les viticulteurs) n’ont pas hésité à accuser la ministre en personne et le tribunal administratif leur a donné raison. Des décisions du même ordre ont été rendues à Lannemezan, à Die, à Carhaix. À Luçon, nous avons gagné en appel et en Conseil d’État ! Chaque fois, nous avons plaidé l’inégalité d’accès aux soins, les spécificités locales, l’obligation de régularité. Et de plus en plus, la justice – peut-être sensibilisé au sujet par la fermeture de ses propres structures – nous suit.
La « lutte contre les dépassements d’honoraires » fait partie des thèmes dont vous allez débattre demain à Die. C’est un problème dans les hôpitaux de proximité ?
Bien sûr. Cela nous concerne d’autant plus que là où le service public est touché, c’est le privé qui prend le relais, avec des dépassements d’honoraires à la clé. Il y a à ce jour une centaine de localités en France où le secteur public de santé n’existant plus, les gens n’ont pas le choix : soit ils vont se faire soigner ailleurs, soit ils paient plus cher.
› PROPOS RECUEILLIS PAR KARINE PIGANEAU
Le Quotidien du Médecin du : 27/11/2009
|
COORDINATION NATIONALE des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité (fondée à SAINT-AFFRIQUE en 2004)
Association agréée - Arrêté du 14/08/2008 - N2008AG0003 Site : http://www.coordination-nationale.org Contact : postmaster@coordination-nationale.org
Président : Michel ANTONY - Michel.Antony@wanadoo.fr
Vice Présidente : Françoise NAY jean.rostandivry@wanadoo.fr
|
POUR NOTRE SYSTEME DE SANTE SOLIDAIRE,
CONTRE LES DÉPASSEMENTS D’HONORAIRES…
Sous les masques de réforme, modernisation, rénovation, la démolition de notre système de santé solidaire se poursuit. L’asphyxie et/ou la suppression de toutes les structures publiques de santé de proximité (en ville et à la campagne, de l'hôpital local au CHU) s'accompagnent de l'accroissement des charges pesant sur les usagers : déremboursements, forfaits, franchises, incitation à l’automédication, sans compter le scandale de la pratique des "dessous de table",etc. Ce sont autant d’outils qui s’installent dans le quotidien de nos démarches de santé. Ils nous entraînent dans la dérive du chacun pour soi, poussent de nombreuses personnes à moins ou ne plus consulter (et ce sont souvent les plus démunis d'entre nous), et nous font oublier le grand principe égalitaire et solidaire fondateur de notre sécurité sociale:
« Je cotise en fonction de mes revenus, je me soigne en fonction de mes besoins »
Dans un tel contexte, la mobilisation contre les dépassements d’honoraires médicaux est nécessaire et hautement symbolique tant l'état des lieux n'est pas acceptable :
- forte hausse du volume des dépassements réalisés, et du nombre de professionnels utilisant ce dispositif notamment la majorité des spécialistes, dans les établissements privés et publics ;
- l’offre de soins remboursés disparaît dans certaines régions et dans certaines pratiques médicales ;
- la création du secteur optionnel va forcément étendre le phénomène ; ce dépassement d'honoraire déguisé ne touche dans un premier temps que certaines spécialités, mais son extension paraît inéluctable.
Les résistances à une telle dérive sont multiples, organisées localement, parfois à l’échelon départemental. De nombreuses actions exigent la suppression de telles pratiques et le retour à des tarifs opposables, clairement déterminés et remboursés, évitant la double peine pour les personnes malades.
La COORDINATION NATIONALE des Comités de Défense
des Hôpitaux et Maternités de Proximité se mobilise fermement pour :
- rappeler que la grande majorité des citoyens de ce pays préfèrent un système de santé solidaire, alors qu'ils ont de plus en plus de difficultés pour y accéder ;
- EXIGER LA SUPPRESSION DE CES DÉPASSEMENTS, COMME NOUS EXIGEONS LA SUPPRESSION DES FRANCHISES ;
- soutenir publiquement les différentes formes de résistance à ces pratiques d’honoraires modulables et organiser l’indispensable mobilisation nationale.
- demander simultanément aux professionnels de santé de situer leurs exigences légitimes de statuts et de revenus dans le cadre de la solidarité nationale fondée sur les principes de la Sécurité Sociale de 1945, solidarité garante de notre cohésion sociale ; elles les invitent :
- à négocier avec le Gouvernement et les Caisses d’Assurance Maladie, plutôt que de « piocher dans les poches » des citoyens ;
- à débattre publiquement de leurs revenus, charge de travail, difficultés et exigences, etc.
Adoptée à l'unanimité des présents - Die - 13° Rencontre nationale - 28 novembre 2009
Après la menace de démission du professeur Coriat, président de la Commission médicale d’établissement (CME) le parlement des médecins de l’Assistance publique- hôpitaux de Paris, celles effectives des professeurs Bensman (hôpital Armand Trousseau) et du professeur Lejonc( Hôpital Henri Mondor), le Mouvement de Défense de l’Hôpital Public (MDHP) révèle dans un communiqué publié le 27 novembre que « plus de 700 responsables médicaux (....), se sont engagés à démissionner collectivement de leurs fonctions médico-administrativ es ou à ne pas remplacer les démissionnaires, si le plan de suppression d’emplois soignants annoncé pour 2010 est maintenu ».
Le communiqué « dénonce l’attaque lancée par le ministère de la Santé contre l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) » et précise « Alors que la ministre a répété qu’elle ne supprimerait aucun emploi dans les hôpitaux, elle impose à l’AP-HP, en dehors de tout projet médical, une réduction budgétaire de 100 millions d’euros par an pendant 3 ans, entraînant mécaniquement la suppression chaque année d’environ 150 emplois de médecins et 1 000 emplois de soignants non-médecins, après les 700 suppressions déjà réalisées en 2009 ».
Pour répondre aux exigences du ministère de la Santé, signale le MDHP « la direction générale de l’AP-HP, réduite au rôle d’un simple exécutant, impose aux directeurs des différents hôpitaux de l’AP-HP de supprimer des postes médicaux et non médicaux sans le moindre discernement ni la moindre logique médicale. Cette politique est inacceptable car elle entraîne une dégradation de l’accès aux soins et de la qualité des soins, contrairement à ce que prétendent le ministère de la Santé et la direction générale de l’AP-HP ».
Le communiqué poursuit « la communauté médicale souhaite que soit mise en œuvre une politique ambitieuse de modernisation et de réorganisation de l’AP-HP, pensée sur le long terme, garantissant que l’AP-HP assure des soins de qualité accessibles à tous et participe au progrès médical.
Cette réorganisation nécessite une politique d’investissements importants pour que tous les patients de l’AP-HP soient accueillis dans des conditions dignes, et soignés selon les exigences de la médecine du XXIe siècle, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle. Cette modernisation impose aussi une révision du fonctionnement du siège de l’APHP dont l’efficience ne semble pas à la hauteur de l’augmentation des effectifs de 32% entre 2004 et 2008 ».
Comme en témoigne la grève actuelle des personnels à l’hôpital Ambroise Paré, les communiqués de l’intersyndicale de l’AP-HP , l’ensemble de la communauté hospitalière de l’AP-HP, médicale et non médicale, est décidée à ne pas laisser faire cette entreprise de démolition. Le MDHP annonce qu’une assemblée générale de l’ensemble des personnels médicaux de l’AP-HP est convoquée le 15 décembre prochain pour décider de modalités d’action supplémentaires. Enfin, le MDHP « en appelle à toutes les forces syndicales, politiques, associatives, et à l’ensemble de la population : ne laissez pas détruire votre l’hôpital public » !