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Jeudi 26 août 2010 4 26 /08 /Août /2010 22:29

LEMONDE.FR | 07.07.10 | 12h56

 

Dr Anne Gervais, Pr André Baruchel, Pr André Grimaldi (Paris) ;

Dr Nils Bölke, Dr Thorsten Schulten (Dusseldorf), Dr Ordrun Schuler (Tecklenburg)

 

Un an après son vote controversé, la loi Hôpital, patients, santé, territoires (HPST) commence à entrer en application.

Efficience et rentabilité sont dorénavant les maîtres mots du management hospitalier.

Chaque hôpital doit d'abord et avant tout équilibrer son budget.

Or le budget n'est plus déterminé depuis 2009 que par le "tarif des maladies prises en charge et des actes médicaux réalisés".

C'est l'application de "la tarification à l'activité" (T2A).



Un pays en Europe a déjà réalisé cette mutation pour le financement de ses hôpitaux : l'Allemagne.

  

Comme en France, le nombre d'hôpitaux et de lits d'hospitalisation, en Allemagne, a connu une importante diminution dans la dernière décennie, mais tous les secteurs d'hospitalisations n'ont pas été touchés d'égale façon : si entre 2004 et 2008 le nombre d'hôpitaux publics de soins aigus est passé de 671 à 571, les cliniques, quant à elles, voyaient leur nombre croître de 444 à 537.

  

Alors qu'en 1991 les hôpitaux publics constituaient 46 % des hôpitaux, ils n'étaient plus que 32 % en 2009, tandis que les établissements privés, eux, passaient de 15 % à 30,6 %, et les hôpitaux privés à but non lucratif passaient de 39 % à 37,5 %.

  

Jusqu'à la fin des années 1990, la privatisation concernait essentiellement les petits hôpitaux mais depuis 2000 les gros hôpitaux publics, notamment les CHU, ont été touchés.

Ainsi, les hôpitaux de la ville de Hambourg ont été vendus en 2005, les CHU fusionnés de Giessen et Marburg l'ont été en 2006.

  

Jusqu'à la T2A, le financement des hôpitaux en Allemagne était assuré par un système dual : frais de fonctionnement à la charge de l'assurance maladie avec un système de forfait journalier, frais d'investissement à la charge des Länder.

L'application de la T2A, à la place des forfaits journaliers, a mis en faillite la plupart des hôpitaux publics : le rapport 2008 de la Krankenhaus Rating Report signalait qu'en 2008 un tiers des hôpitaux étaient dans le rouge.

Le déficit était estimé à 2,2 milliards d'euros.

Comme en France, l'essentiel de la dépense des hôpitaux étant constitué des frais de personnels (65 %), des économies ont été massivement effectuées sur ce poste de dépenses : les dépenses de personnel ne représentent maintenant que 60 % des frais.

 

D'une façon générale, la charge de travail des employés est supérieure dans le privé par rapport au public : plus de lits par employés (+30 % par médecin).

 

Dans le même temps, la durée moyenne de séjour a été abaissée (de 10 jours en 1998 à 8 jours en 2008), intensifiant d'autant le travail.

Le manque de personnel est une cause de mécontentement général des patients.

 

MÉCONTENTEMENT DES PATIENTS, INSATISFACTION DES SOIGNANTS

 

Par ailleurs les salaires dans les hôpitaux ne sont plus fixés par les tarifs de la fonction publique, mais dans chaque hôpital, élargissant la fourchette de la grille des salaires pour les soignants.

 

Tous les employés de la santé ont vu leurs salaires baisser en passant dans le privé sauf les médecins chefs de services et leurs adjoints ayant des fonctions managériales.

Il faut signaler que ces modifications des conditions de travail et de rémunération ont entraîné une grève "historique", la première depuis trente ans, chez les médecins des hôpitaux publics et communaux.

 

Pire encore, depuis quelques années le départ des médecins hospitaliers vers la Suisse, la Scandinavie et dans des cabinets privés provoque une véritable pénurie à l'hôpital.

Cet exil et cette pénurie commencent également à toucher les soignants non médicaux.

 

La résistance à la privatisation est maintenant croissante dans la population : en 2004, un référendum à Hambourg a retardé d'une année la vente des hôpitaux, 77 % des votants s'étant exprimés contre la vente.

 

Des collectifs "Gesundheit ist keine Ware" (la santé n'est pas une marchandise) se sont créés.

 

Car pour les patients, les dysfonctionnements sont nombreux : outre le manque de personnel, la diminution de durée des séjours et les sorties prématurées sont la cause de réhospitalisations encombrant d'autant plus les urgences qu'elles doivent se faire dans un autre hôpital que l'hôpital du premier séjour (au risque sinon que le deuxième séjour ne soit pas "rémunéré" car dépendant du premier séjour).

Ainsi, on assiste à une explosion des transferts d'hôpitaux à hôpitaux (+50 % entre 2001 et 2006).

 

Enfin, la T2A ne semble pas efficace pour maîtriser les coûts : les dépenses de santé par habitant sont très voisines en France et en Allemagne (3601 dollars par an en France, 3588 en Allemagne, d'après l'OCDE en 2007) et, si les dépenses publiques de santé baissent en Allemagne (passage de 79 % de la dépense publique à 77 % entre 2000 et 2007), la participation directe des ménages est, elle, en hausse : passage de 11 % à 13 % de participation à la dépense sur la même période.

 

Source de mécontentement pour les patients, source d'insatisfaction pour les soignants, les nouvelles modalités de fonctionnements des hôpitaux allemands semblent donc n'avoir apporté un bénéfice clair et croissant qu'aux actionnaires du secteur privé de la santé.

Pourquoi faut-il que la France suivre cet exemple ?

 

 

Par du collectif
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Mercredi 18 août 2010 3 18 /08 /Août /2010 09:52

Communiqué de presse AMUF 06 Aout 2010

 

Les Agences Régionales de Santé (ARS) commencent leur travail et proposent des restructurations hospitalières qui affectent lourdement le système des urgences de notre pays, tant au niveau des services d'accueil que des SAMU-SMUR.

 

La seule logique à l'oeuvre est celle des économies à tout prix, au mépris de la sécurité de la population et de l'égalité des chances sur l'ensemble du territoire.

 

Alors qu'un consensus semblait établi autour du fait qu'après les restructurations de ces dernières années, un seuil plancher avait été atteint au niveau du nombre de services d'urgences et de SAMU-SMUR sur le territoire.

 

Or, il en est rien et de nouvelles fermetures sont prévues avec une grande première, la suppression de sites de régulation et d'équipes de SMUR.

 

Comme pour d'autres services publics, nous allons vers une désertification du territoire dont les conséquences sanitaires pour les populations concernées risquent d'être catastrophiques.


Ce qui est particulièrement scandaleux est la manière de procéder.

 

Les directeurs des ARS, nouveaux préfets sanitaires régionaux, décident seuls sans aucune concertation. Ici aussi, la règle qui prévaut est celle du fait du prince.


L'AMUF, organisation syndicale représentative des médecins urgentistes, a été exclue de toutes les structures dites de concertation et ses demandes d'audience auprès des directeurs d'ARS sont restées sans réponse.

 

La stratégie du choix des interlocuteurs, si possible les plus dociles possible, et d'exclusion de ceux qui dérangent prévalant au ministère de la santé, est visiblement déclinée dans les régions de manière systématique.

Président de l’AMUF


Un fonctionnement normal de notre République nécessite un minimum de respect du dialogue social. Un exemple est particulièrement éloquent des pratiques du gouvernement actuel : alors que l'AMUF depuis sa création a pu régulièrement rencontrer les différents ministres de la santé quelle que soit leur couleur politique, Roselyne Bachelot n'a jamais daigné répondre à ses demandes d'audience.

 

Alors que cette ministre a de grandes chances de quitter bientôt son poste, nous ne pourrons malheureusement faire le constat qu'en 2 ans et demi nous ne l'aurons jamais rencontrée !

 

Cette situation est intolérable pour les urgentistes.

 

Face à l'étranglement financier des hôpitaux, nos conditions de travail se dégradent et dans de nombreux endroits nous ne sommes plus en condition de prendre en charge les patients dans des conditions normales.

 

A cela s'ajoute l'absence de négociation sur la pénibilité liée au travail de nuit qui nous touche particulièrement.

 

Cette question n'est pas spécifiqueaux urgentistes et aux médecins, c'est la raison pour laquelle nous travaillons avec l'ensemble des forces syndicales pour que le gouvernement accepte d'ouvrir réellement ce dossier.


Par ailleurs, pour toutes ces raisons, l'AMUF appelle les médecins urgentistes à participer massivement à la journée d'action intersyndicale sur les retraites du 7 septembre 2010.


Pour le conseil d’Administration de l’AMUF Patrick PELLOUX - 
publié le 10 août 2010

Par du collectif
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Lundi 16 août 2010 1 16 /08 /Août /2010 17:56

Bonjour

Depuis 3 ans nous sommes partie prenante dans la réalisation de contre rapport à l'échelle française et européenne concernant les DESC - Droits Économiques Sociaux & Culturels, aux côtés d'ONG, de syndicats, de mouvements associatifs...


La partie Santé a été rédigée par la Coordination nationale en février 2008 - Texte1 en fichier joint avec une introduction générale


Paul CESBRON a proposé les ajouts de 2009 et 2010 - Texte 2 & 3 dans le corps du texte ci-dessous


Il (nous) a (avons) besoin de vos remarques précises, s'il y a lieu, et ce avant le 9 septembre, car ce jour là Paul nous représentera à une réunion spécifique santé pour la mise à jour de nos rapports.


Si vous avez besoin de contacter Paul CESBRON : <cesbron@wanadoo.fr>

Merci et bonnes vacances Amicalement  Paul & Michel

 

Texte 1 - 2009
 
LES DROITS A LA SANTE ET A LA PROTECTION SOCIALE
 
I/ Les analyses et principes fondant l’action des comités de défense et de développement des hôpitaux et maternités de proximité sont identiques à ceux qui avaient été affirmés lors du rapport précédent (2008).
 
II/ Analyse de l’évolution de la situation au cours de l’année 2008-2009
 
Elle se caractérise par la poursuite d’une politique sanitaire et sociale en France aggravant les conditions précédemment analysées.
 
Sur le plan législatif, la loi dite « Hôpital – Patients – Santé Territoire » actuellement en cours de discussion, a entrainé en France une mobilisation large de nombreux professionnels de santé, tout particulièrement hospitaliers dénonçant les principes fondateurs et les moyens proposés de cette loi :


-      fragilisation des hôpitaux publics par le dispositif comptable qui leur est imposé : tarification à l’activité aboutissant à la mise en déficit de 80 % des hôpitaux publics (centres hospitaliers universitaires compris)


-      cette situation entraîne la systématisation d’exigences administratives de retour à l’équilibre financier basé sur le gel ou les restrictions de personnel, les limitations des politiques de formation et des limitations de dépenses en matériels, médicaments et conditions d’accueil et de restauration,


-      afin de permettre ces « retours à l’équilibre financier » les Agences Régionales de l’Hospitalisation font de la durée de moyenne de séjour (DMS) un des critères de gestion les plus efficaces,


-      les restrictions de personnel sont imposées dans de nombreux hôpitaux publics : au total, l’estimation pour l’année 2009 étant d’environ 20000 pour l’ensemble de la France (environ 3000 pour l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris),


-      la réduction du nombre de lits hospitaliers entraîne un phénomène national particulièrement scandaleux : la surcharge permanente des services d’accueil d’urgence avec attente prolongée des malades dans des conditions inacceptables de 4 à 7 heures est liée à l’incapacité pour les services d’urgences de trouver en aval les lits nécessaires aux hospitalisations.

Il existe aujourd’hui dans l’ensemble des hôpitaux publics des attentes dépassant 24H sur des brancards dans des couloirs hospitaliers ou des transferts secondaires sont rendus nécessaires dans des hôpitaux parfois éloignés (exemple récent de recherche de lits hospitaliers dans la région parisienne par les équipes de transport de malades (SMUR) dépassant plusieurs heures).
 
Une telle situation entraine découragement du personnel, crainte du risque, agressivité des familles et des patients eux-mêmes, disqualification des hôpitaux publics.
 
-Les restructurations hospitalières constituent la deuxième alternative offerte ou imposée par les Agences Régionales d’Hospitalisation : sous prétexte de mutualisation des moyens, elles aboutissent à leur réduction et à la remise en cause de la proximité hospitalière par un éloignement de la population et des unités de soin.
 
Ces restructurations ont pour modalités, des fusions de services, fusions d’établissements avec suppression de services et de lits, le plus souvent sous prétexte de redondance.
 
-Fusions ou complémentarités peuvent se faire par association secteur public-secteur privé (à but lucratif) : ces « complémentarités » public-privé ont pour objectif final la convergence public-privé.
 
Celle-ci mise en place par la tarification à l’activité basée sur des groupes homogènes de maladies (GHM) s’inscrit dans une conception marchande de la santé (« le soin est une marchandise comme une autre »), l’hôpital public étant géré comme une entreprise privée.

 

Cette logique est justifiée par « la qualité de la gestion du secteur privé » capable de dégager d’importants bénéfices. Il dissimule en fait la réalité des fonctions clairement différenciées entre secteur public (service public = permanence de soins, obligations thérapeutiques pour tout patient quelle que soit son origine sociale, culturelle, ….solvable ou non) par opposition au secteur privé se réservant l’activité programmée, les patients solvables et excluant les activités thérapeutiques « non rentables financièrement ».
 
III/ En fait, la mise en place de cette conception du service public : convergence public-privé, restructuration hospitalière, anticipe la loi en cours de débat et aboutit à la multiplication au cours des derniers mois de regroupements hospitaliers aggravant les conditions sanitaires pour la population la plus précaire alors que par ailleurs les conséquences de la multiplication des franchises et forfaits hospitaliers entraîne un retard à l’accès aux soins pour une partie toujours plus nombreuse de la population.
 
A l’avenir et si la loi HPST était appliquée, l’accentuation de cette dégradation risquerait de se poursuivre en raison même du caractère autoritaire des moyens mis en place pour l’assurer (disparition des conseils d’administration des hôpitaux, remplacés par les conseils des surveillances, réduction de la présence des élus et des associations de patients ou de citoyens tant au niveau local qu’au niveau régional).
Le 4 mai 2009
pour la Coordination Nationale des Comités de Défense des Maternités et Hôpitaux de proximité

 

Texte 2 - 2010
 
LES DROITS A LA SANTE ET A LA PROTECTION SOCIALE
 Depuis la dernière mise à jour de ce texte (4 5 2009) la loi dite « Hôpital-Patient-Santé-Territoire » a été voté à l’Assemblée Nationale le 21 Juillet 2009 (2009-879).

 

Malgré de nombreuses déclarations critiques et manifestations hostiles à ce projet législatif, les mesures d’anticipations qui avaient été analysées précédemment, bénéficient de l’autorité de la loi.

 

Les caractéristiques majeures de ce nouveau dispositif sanitaire d’une grande cohérence interne ainsi que d’une parfaite adéquation avec la politique nationale de démantèlement du secteur Public, sont marquées par :


-         Les dispositions légales favorisant les associations Privé-Public au détriment du second.
-         Une Gouvernance fortement centralisée et hiérarchisée, sous couvert de régionalisation, réduisant les représentations démocratiques à la figuration.
 
Les conséquences ne se sont pas fait attendre.

 

Elles sont désormais manifestes au centre même de notre dispositif Hospitalo-Universitaire et dans ses unités les plus prestigieuses sur les plans des soins et de la recherche.


La Santé désormais soumise à la « concurrence libre et non faussée » se voit imposé des critères de rentabilité qui l’introduisent à marche forcée dans l’économie de marché.

 

Ce sont les principes, et leurs applications, du secteur Public de Santé qui sont battus en brèche.


Les restructurations se poursuivent, limitées toutefois par une vigoureuse, mais insuffisante, mobilisation des personnels hospitaliers des élus et de la population.

 

Elles se font par « mutualisation » des moyens, c'est-à-dire réduction des personnels et des capacités d’accueil.


Ce sont évidemment les couches sociales déjà fragilisées qui en font les frais en premier : chômeurs, femmes, retraités, réduisant leur recours aux services de soins, forfaits et franchises multiples, participant aux reculs des droits sanitaires.
 
Les politiques en cours peuvent encore s’appuyer sur le critère de santé promu comme meilleur indicateur : la poursuite de l’allongement de la durée moyenne de vie, décrite comme destinée à se poursuivre sans fin, quelles que soient les inégalités qu’elle recouvre.

 

Rien n’assure qu’il en sera ainsi dans la période qui va suivre la mise en place de ce projet.


Sans attendre les conséquences dramatiques qui pourraient survenir, la Coordination Nationale des Comités de défense des Hôpitaux, quant à elle, maintient son opposition à la loi H.P.S.T. et lutte pied à pied, partout en France, avec ses près de deux cents Comités, contre ses multiples applications.

 

Pour la Coordination Nationale des Comités de défense des Maternités et Hôpitaux de Proximité.


Paul Cesbron                                                             Le 2 Mai 2010
 

Par du collectif
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Vendredi 30 juillet 2010 5 30 /07 /Juil /2010 11:25


BACHELOT-SARKOZY viennent de repousser le décret - annoncé au début de l'été - concernant la fermeture de blocs opératoires.


C'est une bonne nouvelle assurément pour tous ces hôpitaux fragilisés qui vont sans doute pouvoir enfin travailler plus sereinement.


C'est une bonne nouvelle également parce que cela indique que le gouvernement est moins sûr de lui pour imposer ses réformes, des réformes, rappelons le, qui sont les mêmes depuis plus de 15 ans : suppressions de postes et de services et regroupements autocratiques dans des  centres pivots au détriment des personnes et des territoires, comme les luttes en cours pour la chirurgie de Ruffec, Brioude et de Briançon, la cardiologie de Mantes la Ville, les maternités de Rethel, Decize, Vire, Paris Tenon-St Antoine, Aix les Bains et Valréas, les soins continus de Decazeville, la réanimation à Manosque, la radiothérapie à Guéret, les centres IVG sur Paris et ailleurs, la fermeture de St Vincent de Paul… pour ne prendre que quelques exemples, nous le rappellent.
 
Le gouvernement est moins sûr de lui pour différentes raisons :


- le rejet massif par l'opinion de la politique bling-bling et de la collusion entre pouvoir politique et forces d'argent ; les affaires Woerth-Bettencourt, les cigares et les jets privés, les dispenses immobilières… sont insupportables et rendraient toute restriction de services nécessaires en chirurgie ou maternité absolument irrecevable.


- la réforme pénitentiaire engagée par le même gouvernement avec là aussi suppressions programmées de prisons de proximité touche souvent les mêmes localités menacées dans leurs hôpitaux, leurs gares, leurs postes, leurs tribunaux, leurs écoles… le  cumul des fermetures dans le domaine sanitaire et dans le domaine judiciaire aurait évidemment concentré et multiplié les oppositions et les aurait rendu plus dangereuses.


- la résistance massive des usagers et des élus dans les lieux menacés a pris de l'ampleur et de la radicalité ; les différents jugements condamnant Mme BACHELOT à Valréas ou le mouvement des maires de la Creuse autour de Guéret qui s'engagent contre l'État pour sauvegarder la radiothérapie… sont lourds de menace et risquent de faire tache d'huile.


Bref la période estivale est pour une fois néfaste à la politique de rigueur et de destruction du service public menée par l'actuel gouvernement.
 
Mais il ne faut pas se leurrer : le mal est déjà fait et se poursuit:


- la loi HPST est malheureusement passée, et va rapidement porter ses fruits en matière de réduction de l'offre de soins et en continuant à étrangler financièrement les établissements, en imposant les regroupements là ou les zélés agents du pouvoir n'auront pas agi avec assez de diligence.


- le dénigrement des hôpitaux montrés du doigt par les décrets successifs leur a de toute manière causé un tort immense : déstabilisation, démobilisation des personnels, et secteur devenu répulsif tant pour les patients que pour les personnels appelés à y exercer.

On aura beau jeu par la suite de dire "vous voyez bien, on avait raison de vouloir les fermer, puisque les patients et les médecins ne viennent plus chez vous !"


- Nous avons affaire à  un gouvernement sourd et aveugle : ce n'est pas le bien commun qu'il envisage, ni les besoins essentiels des personnes et des territoires - c'est sa volonté contre toute réalité et toute analyse de vouloir concentrer au maximum, et de faire des usines à bébés ou des hôpitaux gigantesques à taille inhumaine…

De telles structures vont forcément craquer, car avec des moyens et des personnels réduits, ils ne pourront évidemment pas faire face à l'augmentation du nombre d'usagers provenant de structures fermées ou menacées. Pire, comme nous le savons tous, la désertification entraîne la désertification : un service fermé en affaiblit un autre qui va à son tour fermer ; la médecine libérale, ne disposant plus d'un secteur public solide, ne va plus s'installer dans ces secteurs déshérités… Bref les patients et leurs familles, soit vont connaître des transferts coûteux et dangereux et une perte de chance en matière de soin, soit faute de moyens et de connaissances, vont s'autocensurer en consultant moins ou plus du tout : 13% d'entre nous sont déjà concernés.
 
Triste bilan social et sanitaire d'une politique de santé qui fut pourtant une des premières du monde.


Où est le bon sens ? Si les réformes analogues suivies depuis des années avec un acharnement inquiétant avaient été efficaces, l'hôpital serait devenu plus sûr, le trou de la sécurité sociale serait réduit, les patients seraient mieux accueillis, et nous serions toujours dans les tous premiers rangs mondiaux en matière de santé…

 

Mais malheureusement, c'est tout l'inverse dont il s'agit et pire, les seules réponses que le gouvernement apporte  aux citoyens, c'est de faire appel une quatrième fois d'une décision du tribunal administratif lui donnant tort, comme vient de le vivre la population de Valréas dans le Nord Vaucluse.
 


La Coordination nationale  :


- Demande le retrait de la loi HPST !


- Exige une réponse aux besoins réels de santé des personnes et des territoires !


- Exige une démocratie sanitaire qui émane des personnes concernées : les usagers, les personnels et les élus locaux, et non plus de l'autocratie des ARS et du gouvernement !


- S'oppose aux  fermetures de services hospitaliers et demande des moyens pour  améliorer leurs conditions d'existence, au profit de toutes et de tous, partout et à toute heure sur le territoire !


- Appelle l'ensemble de la population à rester vigilante et à se tenir prête à se mobiliser pour la défense de l'hôpital public et de notre système de santé solidaire.
 
Lure le 28/07/2010

Par du collectif
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Lundi 26 juillet 2010 1 26 /07 /Juil /2010 23:04

La situation évolue rapidement au Centre Hospitalier de Vire, au détriment de sa maternité.

 

Le personnel de ce service a été informé en fin de semaine dernière par la direction d'une fermeture imminente de la maternité avec une date butoir au 16 AOUT 2010 si aucun médecin gynécologue n'est recruté d'ici là.

 

La direction s'était pourtant engagée à consacrer l'année 2010 au recrutement durable d'un nouveau médecin.
 
De fait, depuis des années tout a été mis en oeuvre pour mettre en péril ce service de proximité plébiscité par la population, en témoigne le chiffre des 505 naissances réalisées en 2009.

 

Toutes les conditions ont été créées pour, d'une part démotiver et ne pas retenir les médecins en place, et d'autre part rien n'a été réellement fait pour recruter de nouveaux médecins pouvant s'inscrire à long terme sur l'hôpital Virois.

 

Par ailleurs les établissements voisins (Flers, Saint-Lô, Avranches, Caen) avec leurs pôles mère-enfant - «  usines à bébé » - contribuent largement à la disparition de la maternité Viroise.

 

Pourtant ces derniers avaient promis de venir en aide à la maternité par des remplacements ponctuels.
 
Quels seront les impacts de cette décision sur la Bocage Virois et sa population ?


   §  trajet minimum de ¾ d'heure pour accéder aux maternités voisines ( risque accru de mortalité dû à la distance)


   §  un service publique de proximité qui disparaît


   §  activités amoindries pour le Centre Hospitalier avec le risque d'effet domino sur les autres services (bloc opératoire...), d'où un pôle médical moins attractif pour la population du bassin Virois


   §  plus de 40 emplois à l'avenir incertain (mobilité forcée, contractuelles...)
 
La série noire continue pour la ville de Vire , après le commissariat, le tribunal, les abattoirs... c'est notre système de santé publique qui est maintenant en danger !
 
Face à cette menace, il faut réagir au plus vite , nous appelons la population à se mobiliser (une pétition qui sera transmise au ministère sera accessible au public dans les prochains jours – commerces, espaces publics...) et à se joindre au Collectif.


Contact Collectif : Véronique Legrain 02 31 66 00 03, Gérard Leroy 06 79 14 23 26, mail : viresante@unmondelibre.fr

Par du collectif
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